Ma démarche

Présentation de mon premier départ, écrite en 2002

L’auto-stop (pratiqué pour la première fois à l’âge de 18 ans) s’est révélé devenir une véritable passion. Je le fais par choix. Il est, pour moi, en permettant des rencontres inhabituelles, le moyen de transport idéal pour visiter un pays tout en échangeant avec ses habitants.

Pour moi, le stop peut-être :

  • « Utilitaire » (pour me rendre d’un point A à un point B)
  • « Aventurier » (pour voyager au fil des rencontres, chacune d’entre elles faisant évoluer l’itinéraire)

Même si ces 2 types de stop sont source de rencontres intéressantes, d’apprentissages, d’échanges, c’est par le « stop-aventure » que je privilégie durant mes voyages ( sauf si je suis attendu à une date précise, alors j’utilise le stop utilitaire pour atteindre ma destination).

Par trois fois ( 2002, 2006 et 2016) j’ai choisi de partir pendant une durée indéterminée et sans itinéraire précis. Je témoigne de ces voyages sur le site et dans mes livres.

Quelques réflexions de 2002 :

– Je partirai seul…

  1. Afin de favoriser le contact (une personne seule fait moins peur que deux individus)
  2. Les discussions seront plus riches (il est plus facile de dévoiler des idées personnelles lors d’un tête à tête que dans un groupe)
  3. Les décisions seront plus simples à prendre et personne ne ressentira de frustration, je vivrai selon mes intuitions, mes sensations.
  4. Trouver un lieu d’hébergement sera plus facile car les habitants auront moins d’appréhension face à une personne seule que face à un groupe..
  5. Ce projet est très « personnel », je ne voulais l’imposer à personne (activités échangées, itinéraire, mode de déplacement…), je l’ai construit au fur et à mesure de mes expériences et il a pris forme petit à petit.

– Je voyage en stop et sans exhiber d’objets de valeur (lunettes, montre, vêtement de marque) ; ainsi, on ne ressemble pas au touriste « typique », on marche avec la population… On aspire et inspire à la communication, on intrigue. La discussion peut alors se faire d’égal à égal, d’homme à homme, on essaie de rompre au maximum avec les rapports d’inégalité (blanc-noir, riche-pauvre). Je suis convaincu que chaque individu (homme, femme, enfant) peut m’enseigner quelque chose et apprendre quelque chose grâce à moi. A nous de nous le prouver. L’auto-stop permet de sortir de la bulle hermétique (bus, voiture de location) et de se « risquer » à partager celle d’un habitant sympathique (avec une histoire personnelle intéressante car différente).

– Afin de rompre la difficulté qui pourrait survenir si la communication verbale (langue différente) s’avère difficile, j’ai appris d’autres façon de communiquer :

  • Jongler avec des balles
  • Jouer de la flûte, la guitare…
  • Chanter
  • Danser
  • Écouter de la musique
  • Jouer (mimes, billes, sports…)

Etc…

– Je n’emporterai pas de tente…

Pour passer la nuit, je frapperai dans les fermes afin de demander l’hospitalité d’un toit. J’y dormirai dans la grange ou le garage et, en échange, je proposerai d’enseigner ce que je connais aux membres de la famille ou je réaliserai une tâche domestique le lendemain. J’ai ma propre nourriture et prêter 2 mètres carrés de son sol ne coûte (financièrement) rien à personne.

Je voyage sans téléphone portable. Cela permet d’être totalement immergé dans l’instant présent et c’est de l’énergie offerte à cet instant présent que naisse les solutions aux besoins du voyage ( rencontres, hébergement, itinéraire).

– Je n’emporterai pas de guide touristique…

Qui connaît un pays mieux que les gens qui y vivent ? Le pays et sa culture, leurs richesses, leurs histoires, leurs problèmes, leurs espérances, seront des thèmes de discussions abordés avec les habitants.

L’auto-stop n’est pas plus risqué que le vélo, cependant, il y a des règles de sécurité à respecter :

  • Lieux d’attente (certains endroits ne permettent pas aux voitures de s’arrêter en sécurité),
  • Heures (éviter la nuit),
  • Tenue,

etc…

Du fait que les médias grossissent les risques encourus en côtoyant les inconnus, l’auto-stoppeur (touche de convivialité sur le bord de la route) doit attendre plus longtemps avant d’être pris.

– Je me réserve le droit d’abandonner mon projet (en totalité ou en partie), de le modifier en fonction des rencontres ou pour revenir en France. Ce projet est aussi l’expérience d’un homme vivant sa liberté.

– Je veux rompre avec l’image véhiculée par les médias sur les autres peuples.

Contrairement à ce que l’on nous montre à la télé, les gens ne sont pas plus malheureux que nous en dehors de la France et de l’Europe. Comme nous, ils vivent des malheurs, (inondations, explosions, révoltes…) mais les médias ont tendance à grossir ces malheurs en taisant tous les moments de bonheur vécus au quotidien. On n’en parle jamais, cela n’intéresserait-il pas les français de savoir que les autres peuples sont heureux, ont des projets ??? Le malheur ferait-il plus d’audimat que le bonheur ???

Pourtant, rires, jeux, chants, danses, entre-aide, convivialité est le quotidien de nombreuses familles, de nombreux villages…

Il me semble que l’on cherche à transmettre aux homme une « peur du Monde », peur de l’étranger, de l’inconnu, du différent, peur de ses rêves… Il me semble que ce n’est qu’une fois avoir oublié cette peur que l’on commence à VIVRE avec un GRAND SOURIRE !!!!

Cette réflexion est le fruit de l’expérience de quelques voyages à l’étranger vécus au quotidien avec les habitants. Je vous dirais si je pense toujours la même chose après cette nouvelle aventure. Une chose est sûre, ne croyez pas tout ce que nous raconte la télévision !

Partage du voyage de 2002

Mon objectif étant de transmettre le fruit de mon voyage, je compte réaliser une expo-photos au retour. L’idée du site Internet m’a été donnée par des amis, même s’il m’apporte quelques contraintes (chercher de temps en temps un cybercafé ne sera pas toujours simple), ce site me permettra de partager mes rencontres au fur et à mesure.

Un partenariat a été mis en place avec les élèves des écoles primaires et des collèges de Ploeuc, des collèges de Lamballe et de Plérin et l’école primaire de Plémy. J’ai rendu visite à certaines classes de ces écoles pour discuter de mon projet avec les élèves. Le contenu des messages que j’enverrai a été discuté avec les élèves et les enseignants (carnet de bord). Les classes pourront exploiter le contenu des messages (initiation à Internet, histoire, géographie, éducation civique, français, dessin, langues).

J’essaierai de m’adapter pour répondre à leurs questions et leur transmettre des informations exploitables en cours.